Afrique [s], Une autre histoire du 20e siècle – Acte 4 (1990-2010)- Les aventures chaotiques de la démocratie

Avec la fin de la guerre froide, de nouvelles perspectives s’ouvrent pour le continent africain. La décennie 1989-2000 est celle de l’emballement démocratique. Ainsi, entre 1990 et 1992, plus de vingt-trois pays passent au multipartisme. Par des élections libres, les figures historiques telles que Mathieu Kérékou au Bénin, Kenneth Kaunda en Zambie, Denis Sassou-Nguesso au Congo sont chassées de la scène politique et les peuples peuvent enfin prendre eux-mêmes leurs destins en main. Ce vent démocratique a même raison du régime d’apartheid en Afrique du Sud : Nelson Mandela, libéré après vingt-sept ans de captivité, accède au pouvoir. Mais, partout, les mauvaises gouvernances et les inégalités sociales demeurent. L’impatience et les frustrations des classes populaires se traduisent alors par des pillages et des violences en Côte d’Ivoire, au Bénin ou au Congo. A ceci s’ajoutent les rivalités ethniques et les régionalismes qui débouchent sur le génocide du Rwanda et sur des massacres au Liberia ou en Sierra Leone. A partir de 1998, en République démocratique du Congo, s’affrontent, directement ou indirectement, une demi-douzaine d’Etats, ce qui donne naissance à la première guerre inter-africaine. 

Dans les années 2000, succédant à l’OUA , la nouvelle UA (Union africaine) tente de gérer les crises qui secouent le continent. Plus que jamais, l’avenir de l’Afrique semble suspendu à l’espoir d’unification à l’échelle régionale et continentale.

ELIKIA M’BOKOLO, PHILIPPE SAINTENY, ALAIN FERRARI

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Le discours final de Charlie Chaplin dans « le Grand Dictateur » A MESSAGE FOR ALL OF HUMANITY

I’m sorry but I don’t want to be an emperor. That’s not my business. I don’t want to rule or conquer anyone. I should like to help everyone if possible; Jew, Gentile, black men, white. We all want to help one another. Human beings are like that. We want to live by each others’ happiness, not by each other’s misery. We don’t want to hate and despise one another. In this world there is room for everyone. And the good earth is rich and can provide for everyone. The way of life can be free and beautiful, but we have lost the way.


Greed has poisoned men’s souls; has barricaded the world with hate; has goose-stepped us into misery and bloodshed. We have developed speed, but we have shut ourselves in. Machinery that gives abundance has left us in want. Our knowledge as made us cynical; our cleverness, hard and unkind. We think too much and feel too little. More than machinery we need humanity. More than cleverness, we need kindness and gentleness. Without these qualities, life will be violent and all will be lost. The aeroplane and the radio have brought us closer together. The very nature of these inventions cries out for the goodness in man; cries out for universal brotherhood; for the unity of us all.

Even now my voice is reaching millions throughout the world, millions of despairing men, women, and little children, victims of a system that makes men torture and imprison innocent people. To those who can hear me, I say « Do not despair. » The misery that is now upon us is but the passing of greed, the bitterness of men who fear the way of human progress. The hate of men will pass, and dictators die, and the power they took from the people will return to the people. And so long as men die, liberty will never perish.

Soldiers! Don’t give yourselves to brutes, men who despise you and enslave you; who regiment your lives, tell you what to do, what to think and what to feel! Who drill you, diet you, treat you like cattle, use you as cannon fodder! Don’t give yourselves to these unnatural men—machine men with machine minds and machine hearts! You are not machines! You are not cattle! You are men! You have a love of humanity in your hearts! You don’t hate! Only the unloved hate; the unloved and the unnatural.

Soldiers! Don’t fight for slavery! Fight for liberty! In the seventeenth chapter of St. Luke, it’s written « the kingdom of God is within man », not one man nor a group of men, but in all men! In you! You, the people, have the power, the power to create machines, the power to create happiness! You, the people, have the power to make this life free and beautiful, to make this life a wonderful adventure. Then in the name of democracy, let us use that power.

Let us all unite. Let us fight for a new world, a decent world that will give men a chance to work, that will give youth a future and old age a security. By the promise of these things, brutes have risen to power. But they lie! They do not fulfill their promise. They never will! Dictators free themselves but they enslave the people! Now let us fight to fulfill that promise! Let us fight to free the world! To do away with national barriers! To do away with greed, with hate and intolerance! Let us fight for a world of reason, a world where science and progress will lead to all men’s happiness.

Soldiers, in the name of democracy, let us all unite!

Je suis désolé mais je ne veux pas être un empereur – ce n’est pas mon commerce. Je ne veux pas dominer ou conquérir personne. J’aimerais aider tout le monde si possible, juifs, chrétiens, noirs ou blancs. Nous voulons tous aider, ainsi sont les humains.

Nous voulons tous vivre en sachant le bonheur de l’autre, pas sa misère. Nous ne voulons pas nous haïr, nous détester. Il y a place pour tous en ce monde et la Terre est assez riche pour tous nous nourrir. La vie peut être libre et belle, mais nous en avons perdu le sens. Le désir de posséder a corrompu l’âme des humains, a cloisonné le monde dans la haine; nous a conduit aveuglément dans la misère et répandu le sang.

Nous avons développé la vitesse, mais en sommes devenus prisonniers: la mécanique qui devait nous assurer l’abondance nous a laissé sur notre faim. Notre connaissance nous a rendus cyniques, notre intelligence durs et insensibles. Nous pensons trop et ressentons trop peu. Plus que de machines, nous avons besoin d’humanité; plus que d’intelligence, nous avons besoin de gentillesse et de bonté. Sans ces qualités, la vie deviendra violence, et tout sera perdu.

Les avions et la radio nous ont rapprochés. La simple nature de ces inventions fait appel à la bonté même en chacun, nous invite à la fraternité universelle pour l’unité de tous. En ce moment même ma voix atteint des millions de gens à travers le monde, des millions d’hommes, de femmes, d’enfants, dans le désespoir, victimes d’un système qui fait que des Humains torturent et emprisonnent des gens innocents. A ceux qui m’entendent je dis: »Ne désespérez pas! ».

La misère qui s’abat sur nous n’est que le passage de la corruption, l’amertume d’hommes qui craignent la voie du progrès: la haine de ces hommes passera, les dictateurs mourront, et le pouvoir qu’ils ont dérobé au peuple retournera au peuple, et même si en ce moment des hommes meurent, la liberté elle, ne mourra jamais…

Soldats: ne vous donnez pas à des brutes, des hommes qui vous haïssent et vous réduisent à l’esclavage, qui régimentent vos vies, vous disent quoi faire, quoi penser, quoi ressentir, qui vous conditionnent, vous mettent à la diète, vous traitent tels des troupeaux de bêtes, comme de la chair à canon. Ne vous donnez pas à ces hommes qui n’ont rien de naturels, des hommes-machines, avec des esprits de machines et des cœurs de machines. Vous n’êtes pas des machines. Vous n’êtes pas des bêtes. Vous êtes des hommes. Vous avez l’amour de l’humanité en vos cœurs. Vous ne détestez pas – seuls les mal-aimés haïssent. Seuls les mal-aimés et les hommes-machines. Soldats: Ne vous battez pas pour l’esclavage, battez-vous pour la liberté!Dans le 17e chapitre de Saint-Luc, il est écrit: « Le royaume de Dieu est en l’homme » – pas un homme ou un groupe d’hommes – mais dans tous les hommes-en vous, le peuple. Vous le peuple, avez le pouvoir, le pouvoir de créer des machines, le pouvoir de créer la joie. Vous le peuple, avez le pouvoir de faire de la vie beauté et liberté, de faire de cette vie une aventure merveilleuse. Alors, au nom de cette démocratie, utilisons ce pouvoir – unissons-nous. Battons-nous pour un nouveau monde un monde décent qui donnera aux hommes la chance de travailler, qui vous donnera le futur, et la sécurité à l’âge d’or. Par la promesse de ces choses, des brutes ont pris le pouvoir, mais elles mentent. Elles n’ont jamais rempli leur promesses, et ne le feront jamais. Les dictateurs se libèrent eux-mêmes mais emprisonnent le peuple. Battons-nous pour remplir ces promesses. Battons-nous pour libérer le monde, pour se débarrasser des barrières entre pays, de la corruption, de la haine et de l’intolérance. Battons-nous pour un monde de raison, un monde où la science et le progrès mèneront au bonheur de tous et chacun. Soldats: au nom de la démocratie – Unissons-nous!

 

Le BonheuR : C’est pour Aujourd’hui ou pour Demain

Je ne vis ni dans le passé, ni dans le futur mais dans le présent

Le bonheur

« Aujourd’hui est la plus importante journée de ta vie puisque hier ne t ‘appartient « déjà plus »

et que demain n’est encore qu’une illusion.

Alors, rappelle-toi bien ceci : 

Si aujourd’hui est vécu, chaque hier se transformera en heureux souvenir

et chaque demain se transformera en une vision remplie d’espoir »

Fantoches : 50 ans après les indépendances, y a-t-il des Etats viables en Afrique ?

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Philippe Hugon et Mahamadou Camara

Philippe Hugon est directeur de recherche à l’IRIS (Institut des Relations Internationales et Stratégiques), en charge de l’Afrique. Professeur émérite, agrégé de Sciences économiques à l’université Paris X, il est notamment l’auteur de Les Suds dans la crise (Armand Colin, 2009)
Mahamadou Camara est un journaliste malien, directeur de publication du site d’information http://www.journaldumali.com.

François Hollande a confirmé que l’intervention française au Mali ne prendrait fin que lorsque le pays serait en sécurité. La déliquescence de l’ancien fer de lance de la démocratie africaine pose la question de la viabilité de certains Etats africains.

Les événements actuels au Mali, et surtout la façon dont ils sont arrivés, révèlent à quel point certains des pays africains qui apparaissaient pourtant comme les plus stables aux yeux des Européens sont en réalité des châteaux de sable. Comment expliquer qu’un grand pays syncrétique comme le Mali puisse se retrouver morcelé aussi rapidement ?

Philippe Hugon : Le Mali a été un pays organisé, constitué de syndicats, de partis politiques structurés, d’organisations paysannes qui ont garanti un certain temps un respect démocratique des institutions et de la transmission du pouvoir. Avec le temps, ce pouvoir s’est progressivement délité et a laissé apparaître des connivences entre les hauts gradés de l’armée, mais aussi des dirigeants politiques, et des réseaux mafieux. Ainsi, ce régime qui paraissait démocratique s’est avéré profondément corrompu et a fini par en payer les frais. De plus, le Mali a également subi les conséquences de ce qui s’est passé dans d’autres pays, tels que la Libye et l’Algérie avec le retour d’Aqmi.

Le pays est également une zone vulnérable sur le sur le plan écologique. La désertification galopante et la fragilité des écosystèmes participent à la pauvreté et donc la vulnérabilité des populations, aussi bien au niveau des réseaux mafieux que des questions sanitaires. L’ensemble de ces phénomènes a fini par créer une zone non contrôlée par le gouvernement, ce qui a laissé la place à de nombreux trafics dans le nord du pays, puis à la venue de groupes salafistes. Ce phénomène n’est pourtant pas nouveau et j’ai moi-même écrit il y trois ans un article sur « la somalisation de l’arc sahélo-saharien ».

Mahamadou Camara : Si notre pays a longtemps été perçu, à juste titre, comme le fer de lance de la démocratie africaine, cela fait bien un certain temps que ce n’est plus du tout le cas. En effet, le pouvoir était complètement corrompu et cela au plus haut niveau. Certains proches du président soi-disant élu ont été pris la main dans le sac dans des affaires financières, des dirigeants militaires ou politiques ont trempés dans des trafics de drogue. Le plus grave  est que cela a fini par atteindre un tel niveau d’impunité que plus personne ne faisait rien pour lutter contre. Et pendant ce temps, ce système pourrissait complètement la société malienne. Ce qui s’est passé avec l’armée est donc à l’image de tout le reste : des gens qui étaient proches des trafics et de la politique ont été gradés mais ne se préoccupaient en rien de la défense du territoire malien. Le coup d’État et la prise des territoires du Nord, la facilité et la rapidité avec laquelle ces deux évènements se sont produits montrent bien dans quel état était le pays.

Ces éléments sont-ils constitutifs d’un syndrome africain ?

Philippe Hugon : Comme je le disais, il y a peut-être un syndrome sahélo-saharien mais en aucun cas il n’est possible de parler de « syndrome africain », bien que l’on puisse retrouver ce genre de phénomènes au Soudan et dans une partie de l’Afrique centrale. Certaines zones d’Afrique ne sont pas du tout concernée par cela, des pays comme le Ghana, la Tanzanie ou le Mozambique, et plus généralement l’Afrique australe, sont dans des situations bien plus confortables et tout à fait différentes. Ils connaissent également des problèmes de malnutrition ou de famine mais rien qui ne s’approche de larges territoires non contrôlés où prospèrent mafias et radicalisme religieux.

Mahamadou Camara : De nombreux pays connaissent des situations proches de celle du Mali sur le plan géopolitique, culturel et énergétique mais ils ne se délitent pas tous pour autant. Je crois que tout cela dépend surtout de la capacité du pouvoir, de l’homme qui dirige le pays à faire respecter la loi. Un pays comme le Burkina Faso ne pourrait pas connaitre une telle situation à cause du charisme du président Compaoré. A l’inverse, un pays comme la Guinée pourrait être balayée du jour au lendemain, son armée n’est pas en très bon état et bien que le pouvoir en place soit légitime sur le plan électoral, le pays attend des élections législatives depuis 2010. Le Togo ou le Bénin quant à eux connaissent des pouvoirs assez forts mais pourraient exploser au moindre soubresaut, et c’est probablement ce qui a décidé l’intervention des Français, le potentiel explosif de la région. Il est effectivement probable que l’avancée des djihadistes ne se seraient pas arrêtée au Mali et se serait étendue à une partie de la région.

Qu’a-t-il manqué à l’État malien pour arriver à tenir ses frontières ?

Philippe Hugon : Il lui a tout simplement manqué une police et une armée dignes de ces noms. L’armée était ce qu’on appelle une armée mexicaine c’est-à-dire dans laquelle il y avait plus de généraux que de sous-officiers et  tout le monde le savait depuis longtemps. C’est d’ailleurs aujourd’hui, et plus que jamais, un enjeu majeur pour le Mali :la restructuration de son Etat mais également de son armée.

Mahamadou Camara : Il a manqué un pouvoir capable d’agir, de donner un ordre à l’armée. Le vieux proverbe si vis pacem para bellum (Qui veut la paix prépare la guerre) me semble plus que jamais convenir à la situation de notre pays à l’époque et le pouvoir a fait l’exacte inverse. La peur du coup d’Etat l’a poussé à affaiblir toujours plus l’armée. Et ça n’a pas manqué, l’armée n’a pas été capable de défendre le Mali.

L’occident a souvent fantasmé le succès des économies africaines primarisées. La stabilité politique de l’Afrique ne devrait-elle pas au contraire passer par une économie diversifiée donc plus stable et moins sujettes aux affrontements ?

Philippe Hugon : Il est certain que le facteur économique est essentiel dans la stabilité politique de l’Afrique et celui-ci se divise en deux axes. D’une part, la pauvreté et la vulnérabilité de certaines populations les poussent à entrer dans des logiques mafieuses afin de se protéger et d’acquérir plus facilement des ressources. D’autre part, les très grandes richesses que possèdent certains pays dans leurs sous-sols, minières, pétrolières et diamantifères, attirent les convoitises de nombreuses firmes et puissances étrangères ce qui pousse bien souvent au conflit. De toute évidence, la primarisation des économies africaines est un facteur très limitant de paix. Une fois encore, il n’est pas possible de parler de l’Afrique comme d’un territoire homogène et certains pays (Tanzanie, Ethiopie) se sont radicalement transformés et ne ressemblent plus du tout à ce qu’ils étaient il y a vingt ans. Cette stabilité économique passe en partie par une industrialisation comme le coton malien qui pourrait donner lieu à la mise en place d’une industrie textile mais aussi par la création d’un tissu diversifié de petites entreprises exploitant les potentialités de chaque pays.

Mahamadou Camara : Je crois que nous n’aurons pas la stabilité tant que nos citoyens n’auront pas les moyens de vivre correctement, d’envoyer leurs enfants à l’école et d’être tous éduqués. Mais cette progression du mode de vie passe effectivement par une économie performante qui dans le cas des économies primarisées ne profite bien souvent qu’à de micro castes dirigeantes et richissimes. Tant que nous n’aurons pas réussi à mettre fin à cela, les gens continueront à voter pour celui qui les paient le mieux et nous n’aurons jamais de vraies démocraties. Une fois encore, je crois que cela dépend notamment d’un homme ou d’un groupe fort, démocratiquement légitimes, capables de faire en sorte que l’économie profite à tous. Je reprends l’exemple du Ghana qui n’est un pays pétrolier que depuis quelques années et dans lequel la situation semble bien se passer. Enfin, il faut tout de même admettre que la situation globale de l’Afrique s’est beaucoup améliorée depuis quinze ans et que de manière générale les gens vivent mieux même si cela pourrait être grandement amélioré. Rappelons aussi que tous les Africains ne sont pas corrompus et vénaux. Certains d’entre eux sont des démocrates, créent des entreprises, participent à l’économie de leurs pays et se battent pour les libertés de tous.

La situation malienne révèle-t-elle la fin du rêve multiculturel africain ? Est-il temps de repenser les frontières de manière ethnico-religieuse ?

Philippe Hugon : En Afrique, la question ethnique n’apparait qu’en cas de conflit autre, la problématique de africaine n’est pas celle-là. Redessiner les frontières selon une répartition ethnico-religieuse mènerait sans aucun doute à la guerre. Le salut de l’Afrique c’est d’accepter la pluralité et de mettre en place des démocraties du vivre ensemble. Un pays comme le Mali ne peut s’en sortir que par une reconstitution de l’État, la mise en place d’un jeu démocratique et le lancement de projet de reconstruction qui mobilisent les populations.

Mahamadou Camara : Je ne crois absolument pas à cela : le Mali compte peu d’ethnies en comparaison de certains pays qui n’ont pas explosé, le problème ne me semble donc pas du tout lié. Si nous avons failli ce n’est parce que les ethnies ne s’entendent pas mais bien parce que notre pouvoir n’avait aucune prise sur son propre pays. Il n’y a aucun problème de cohésion ou de vivre ensemble au Mali, notre peuple est brassé depuis très longtemps et nous vivons très bien comme cela. Le MNLA a beau justifier ses actes en agitant le vieux mythe de l’Homme bleu persécuté par l’Homme noir, il ne s’agit que de fables. Depuis toujours, les Touaregs ont été inclus au processus politique malien, nous avons eu des ministres, des cadres, des chefs d’entreprises, des gradés et même un premier ministre Touareg. Des millions de Francs CFA ont été investis à chaque rébellion mais une fois encore la faiblesse de l’État a fini par laisser la place à des mouvements durs au détriment des autres populations locales. Le Mali a maintenant besoin d’une refondation totale, d’assises nationales dans les semaines à venir dans lesquelles se réuniront toutes les forces politiques, culturelles, ethniques, sociétales pour discuter et poser les bases d’un nouveau modèle malien. Ces assises devront déboucher sur des élections et sur un pouvoir légitime et fort qui tiendra ce pays et en refera l’État démocratique et solide qu’il était.

Propos recueillis par Jean-Baptiste Bonaventure / guelewar.com

Donnez moi la liberte d’expression totale ou retirez la entierement

liberte+expressionA la terre des hommes libres la liberté d’expressions est une chose fondamentale pour la bonne marche de la cité. Très tôt, ces pays qui se sont démarqués du reste du peloton dans le monde ont compris que l’avancement de leurs sociétés reposé complétement à la liberté d’expression de leurs concitoyens pour véhiculer librement leurs opinions, leurs pensées, et leurs expériences sans heurts et ni représailles. Cette liberté d’expressions est manifestée sous différentes formes qui n’entravent aucunement le bon fonctionnement des activités courantes des états et des sociétés civiles. Dans quelle époque ou quel monde sommes-nous pour que des êtres humains dotés de raisons, grands clameurs de libéralisme garant de la responsabilité et de la liberté individuelle, et grands observateurs et admirateurs de la bonne vie dans les pays qui en offre chaque jour, chaque heure et chaque minute décident unilatéralement de nous couper la parole, de nous étouffer intellectuellement, et de nous ignorer naïvement ? Dans un pays comme le Sénégal où les pauvres sont campés à chaque coin de la rue attendant cette pièce de monnaie qui vient déranger un esprit plein de doléances, les chômeurs sur leurs pieds du matin au crépuscule à la recherche de ce travail qui ne vient jamais finalement se lâchent, les habitués des plages s’essaient de s’imaginer la vie de l’autre côté de l’atlantique finalement optent pour la traversée qui peut être périlleux d’où l’expression « Barca ou Balsak », ce serait d’antipatriotisme, d’égoïsme, de complicité, et de lâcheté que de ne rien dire, écrire ou imprimer.

Les nombreux outils variés et exacts qu’ils soient sont mis à la disposition de l’être humain pour qu’il s’informe incessamment du vécu des autres humains sur notre planète et au-delà pour comprendre et réagir afin de changer les régions qui en ont le plus besoin. Maintenant, il ne suffit que de taper sur un clavier pour informer le monde entier à l’instant même alors qu’il n’était pas possible de le faire quelques années avant. Dans les endroits libres du monde, l’avènement de l’internet a libéré les énergies et quiconque peut se faire lire, écouter, et regarder sans de grands moyens et sans la peur d’être censuré ou d’être jeté en prison pour offense à la république comme c’est le cas dans la plupart des pays africains. Les années d’avant le régime de Wade, La presse sénégalaise a payé un lourd tribut en voulant informer et informer juste, s’opposer catégoriquement contre toute manipulation pour accéder au pouvoir, et s’ériger en sentinelle contre le maintien du statu quo. Elle est l’objet de tracasseries et d’intimidations répétées, d’arrestations arbitraires, et d’emprisonnements non justifiés. C’est la même presse qui a pris courageusement ses responsabilités quand il fallait dénoncer, démasquer, et tuer dans l’œuf les intentions de Maitre Wade de mettre son fils à la tête du Sénégal. Mais n’oublions pas de rendre à Césaire ce qui appartient à Césaire, Abdoulaye Wade a permis beaucoup de journaux, télévisions, radios, et autres de sortir de terre ce qui n’était pas possible du temps de ces prédécesseurs et son souci était de libéraliser et de réhabiliter la presse sénégalaise qui n’a jamais baissé de tempo pour hisser le Sénégal au plus haut sommet où se discute l’avenir de la démocratie dans ces pays trainants. Ce que le Président Abdoulaye Wade n’a pas refusé aux différents acteurs de la société civile et de la presse soit qu’ils utilisent le papier, le visuel, l’audio ou l’internet ne doit souffrir aucunement. Les sites internet ont toujours facilité la diffusion de contributions de la part des bloggeurs et des internautes qui ont aussi cru qu’ils avaient un rôle prépondérant à jouer dans l’organisation de la cité mais malheureusement cette collaboration est souvent entravée d’incompréhensions, d’abus de confiance, et conflit d’intérêt suivant où l’on se trouve de l’éventail politique.

« Cest un malheur du temps que les fous guident les aveugles. » disait William Shakespeare

La contribution postée sur les réseaux sociaux n’engage que celui qui l’a écrit qui porte ses références et non pas le site qui l’a publiée. Al jazeera, la télévision qatarienne, a toujours diffusé les vidéos d’Osman Ben Laden, l’ennemi principal des Etats-Unis d’ Amérique d’alors sans subir aucun châtiment. Si ce sont les américains qui n’ont pas censuré des vidéos de Ben Laden considérées dangereuses, haineuses, et propagandistes à fortiori les sites sénégalais qui manquent de professionnalisme, de déontologie, et d’imagination. Ces sites poubelles ne survivront jamais sous l’application de la censure parce qu’on y voit du tout et du n’importe quoi, des photos et des vidéos où des femmes pour ne pas les nommées montrent leurs parties intimes et posent complétement nues, des photos et des vidéos où la violence est graphiquement présente et le sang coulant de partout, et le dévoilement fréquent des images des enfants encore mineurs. Dans quel registre ces sites mettent-ils tous ces actes troublants et signes du refus catégorique d’une dynamique de changement ? Certaines actions et décisions arbitraires prises par les administrateurs de ces sites font douter plus d’un de leur bonne volonté, légitimité, et impartialité par rapport aux sujets traités qui ne sont pas toujours plaisants, doux, et aimables. Il est important de rappeler que ceux qui ont choisi de s’enrichir avec les deniers du peuple sans avoir à rendre compte à personne, de même que ceux qui ont décidé de ne pas respecter les lois les plus élémentaires des ouvriers sénégalais parce que le système est pourri, défectueux et n’est plus en mesure de contrôler, protéger et sanctionner, et ceux qui s’en tapent des institutions de la république. Toutes ces catégories individuelles continuent de gangréner l’espace sénégalais sans être inquiéter ou rappeler à l’ordre donc parler d’eux d’une manière révoltante n’est rien comparé à ce qu’ils ont commis ou continuent de commettre. La grandeur et la différence d’un site internet par rapport à un autre dépendront entièrement de combien il peut s’ouvrir pour accepter les critiques, les appréhensions, et les suggestions pour se parfaire. Nous vivons dans un monde cruel, complexe, et plein de challenges où les riches sont déterminés à piétiner les pauvres pour multiplier leurs fortunes. Laissez aux bloggeurs et internautes la liberté et le moyen de pouvoir décrier ces mauvaises pratiques qui sont indignes d’un pays souverain comme le nôtre.

lavoixdupeuple

mhmd_ba@yahoo.com

Mouhamadou Ba

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bobehfayi

A l’appel de l’humanité humaine la même rengaine

Nous en sommes l’écho le plus symétrique

Allez dire de telles belles éhontées choses aux peuples à la traine

Eux sont la terre ou poussent sur l’humus de la couardise vos zèles rendus dithyrambiques

Peuples fermentés dans les tréfonds de la vénération absolue du souverain rendu aux hommes par l’Esprit

Triste est de vous voir ainsi saisi aux cotes et au souffle de l’équilibre tutélaire

Malins enfants choyés pour servir l’ingratitude à la bonté qui a couvé vos souffles alors en dépit

Vous voilà trainant le grabat empestant vos indélicatesses somnambuliques vers l’éclipse solaire

Perdez vos Peuples pour vos gloires irriguées au nombrilisme

Nourrissez-vous de la détresse blafarde à la balafre architecturée de vos mains diaboliquement habiles

Allez aux banquets où l’on moque avec vous bouffon par excellence la faim de vos Peuples saignés au capitalisme

Accomplissez dans votre rôle d’amuseur qui…

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