Afrique [s], Une autre histoire du 20e siècle – Acte 4 (1990-2010)- Les aventures chaotiques de la démocratie

Avec la fin de la guerre froide, de nouvelles perspectives s’ouvrent pour le continent africain. La décennie 1989-2000 est celle de l’emballement démocratique. Ainsi, entre 1990 et 1992, plus de vingt-trois pays passent au multipartisme. Par des élections libres, les figures historiques telles que Mathieu Kérékou au Bénin, Kenneth Kaunda en Zambie, Denis Sassou-Nguesso au Congo sont chassées de la scène politique et les peuples peuvent enfin prendre eux-mêmes leurs destins en main. Ce vent démocratique a même raison du régime d’apartheid en Afrique du Sud : Nelson Mandela, libéré après vingt-sept ans de captivité, accède au pouvoir. Mais, partout, les mauvaises gouvernances et les inégalités sociales demeurent. L’impatience et les frustrations des classes populaires se traduisent alors par des pillages et des violences en Côte d’Ivoire, au Bénin ou au Congo. A ceci s’ajoutent les rivalités ethniques et les régionalismes qui débouchent sur le génocide du Rwanda et sur des massacres au Liberia ou en Sierra Leone. A partir de 1998, en République démocratique du Congo, s’affrontent, directement ou indirectement, une demi-douzaine d’Etats, ce qui donne naissance à la première guerre inter-africaine. 

Dans les années 2000, succédant à l’OUA , la nouvelle UA (Union africaine) tente de gérer les crises qui secouent le continent. Plus que jamais, l’avenir de l’Afrique semble suspendu à l’espoir d’unification à l’échelle régionale et continentale.

ELIKIA M’BOKOLO, PHILIPPE SAINTENY, ALAIN FERRARI

Thomas Sankara – Discours prononcé à Tenkodogo le 2 octobre 1987


« Notre révolution n’aura de valeur que si, en regardant derrière nous, en regardant à nos côtés et en regardant devant nous, nous pouvons dire que les Burkinabés sont, grâce à elle, un peu plus heureux. Parce qu’ils ont de l’eau saine à boire, parce qu’ils ont une alimentation abondante, suffisante, parce qu’ils ont une santé resplendissante, parce qu’ils ont l’éducation, parce qu’ils ont des logements décents, parce qu’ils sont mieux vêtus, parce qu’ils ont droit aux loisirs ; parce qu’ils ont l’occasion de jouir de plus de liberté, de plus de démocratie, de plus de dignité. (…) La révolution, c’est le bonheur. Sans le bonheur, nous ne pouvons pas parler de succès.”